Yonne Républicaine 12/1996

Les derniers Réglages de Magnaldi

il sera un des principaux favoris à la victoire en motos, Thierry Magnaldi, un des pilotes KTM, vient
d'achever sa préparation pout le Dakar 96, à Mézilles, en puisaye. 

LE 29 décembre, à Grenade, sur la ligne de départ du Da kar, Thierry Magnaldi n'aura qu'une idée en tête : gagner.Il est vrai que lorsqu'on possède la carte de visite du pilote KTM, le temps où l'on participait à l'épreuve pour simplement termi ner, paraît dépassé. Deux fois vainqueur du rallye de l'Atlas, huit places dans les trois premiers à l'occasion de rallyes aussi prestigieux que ceux de Tunisie, des Pharaons et le Paris-Pékin ou encore six médailles d'or aux championnats du monde d'enduro. Bref, pas vraiment un << Joe Bar team >>, ce Thierry. Sans oublier six participations au Paris-Dakar avec au bout du désert des places de troisième, quatrième et cinquième. Ne forçons pas le trait pour autant. Une victoire dans le Dakar, sans aucun doute, le comblerait. << Pour les pilotes, c'est le plus grand rendez-vous. C'est le rallye le plus long, le plus dur et le plus médiatique.  Paré pour le grand show. Tous les ingrédients sont réunis. Sauf que sur la scène africaine, le film qu'on s'est repassé maintes et maintes fois peut déraper à tout instant. Les aléas du direct, dirait-on à la télé. Tout à fait Thierry. << Pour gagner le Dakar, il faut aussi une part de chance. Mais si ça ne veut pas me sourire, tant pis. Le soleil, lui, se lèvera toujours du même côté. >> Trois mois de préparation

Le facteur chance, ce << on ne sait quoi >> qui fait que tout roule,se minimise toutefois. Question de préparation. << La course se gagne à 30 % avant le départ. I1 faut bien s'organiser pour qu'une fois là-bas, on ait tout sur place. En ce moment, c'est la première course qui se joue. >> Cette course-là, Thierry Magnaldi est venu la jouer à Mézilles, en Puisaye. Une sorte de mise au vert, chez son copain Daniel Pascal qui l'assistera tout au long de l'épreuve. << Je sais que j'ai une très bonne moto, un très bon mécano. Maintenant, c'est vrai, le stress est là quand mêrme.>> Il y a toujours cette foutue pièce qui ne vas pas comme on le souhaiterait. Depuis trois mois, le pilote KTM n'a rien laissé au hasard. Ni l'en- traînement moto ni la préparation physique. A 33 ans, il sait qu'il court là un de ses derniers Paris- Dakar. L'an dernier, un moteur cassé le dernier jour l'avait privé de la seconde place. Qu'en sera-t-il cette année ? C'est ce qui fait encore ce qui fait le charme de l'épreuve même si la part laissée à l'aventure est maintenant bien grignotée. Une chose, en tout cas, est sûre. Cette année encore, la concurrence sera rude. L'incontournable Peterhansel et sa Yamaha -

 

<< il n'y a pas de forteresse imprenable.
I1 n'y a que des mauvais soldats>> , note, un brin philosophe,Thierry - mais aussi deux autres pilotes KTM, Kinigadhner et Arcarons, figureront parmi ses principaux adversaires. Mais qui sait, les terres marécageuses de la Puisaye lui porteront peut-être chance sur les pistes Africaines.

Pierrick BAUDAIS.

 

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Thierry Magnaldi devra notamment se mefier de Peterhansel.
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170 kg au plus

Très performante, la moto de Thierry Magnaldi n'est pas un monstre pour autant. D'une cylindrée de 660 cm3, elle pèse à peine 140 kg avec le réservoir à sec. Ce dernier rempli, elle atteint 170 kg, soit encore moins que la Yamaha de Peterhansel avec le réservoir sec.<< En revanche, sa Yamaha est un bicylindre et donc un peu plus fiable que la KTM avec son monocylindre >> ,  note Thierry. Une moto plus maniable contre une plus fiable ? Le nom du vainqueur se trouve déjà dans la question.

L'indispensable Daniel Pascal

Préparateur de la moto de Magnaldi, ce Mézillois joue un rôle clé.

Après six ans d'absence, Daniel Pascal va participer à son sixième Paris-Dakar. Installé à Mézilles, en Puisaye, depuis deux ans ce  pré parateur moto y a monté son entreprise, Chronovert. << Maintenant que mon affaire est un peu mieux rodée, je peux re partir dans la course >>, explique- t-il. Cette année, Daniel assurera l'entretien de la moto du piloté KTM, Thierry Magnaldi. Les deux hommes se connaissent depuis des années. Pas de doute, ils lutte ront pour la victoire finale. Un travail d'équipe cette première place. L'un sans l'autre, aucune médaille ne brillera. En fait,,pour tous les deux, la course débute bien avant le départ. Tout d'aboxd, il faut apprendre à connaîtxe la machine. << On ne sait pas ce qu'elle a dans le ventre. I1 faut donc que nous la démontions de A à Z. Ce ne sera pas là-bas qu'il faudra le faire. >>   Ou plutôt si, il faudra le refaire. Mais à fond de caisse. << Tous les soirs, une fois sur place, il y a quelque chose à faire. Seule ment, là où on passerait une heure en atelier, on en passe parfois quatre dans le désert parce qu'il fait froid, parce qu'il fait chaud, - parce que les conditions d'éclairage·, ne sont pas toujours bon nes. >> Et pourtant, s'il  n'y a sans dbute pas de meilleux contexte pour se surpasser. << C'est clair, on fait des choses sur le Dakar qu'on ne ferait pas autrement. J'ai vu des années devoir assurer l'assistance de trois motos. I1 fallait commencer vers minuit après s'être tapé 14 heures de voiture et on finissait à 6 heures du matin >>, se souvient Daniel. Aujourd'hui, les déplacements d'une étape à l'autre se font en avion. Moins pratique si le pilote casse mais plus reposant pour le mécano. Ce sixième Paris-Dakar  Daniel sait toutefois qu'il ne sera pas de tout repos. Pas plus que les précédents. Malgré tout, il y retourne. Pour l'ambiance, pour la compétition et pour la part laissée, quoi qu'on dise, au hasard. << Au Dakar, vous avez des écu ries d'enfer qui engagent des millions et, hop, une seule dune suffit à tout remettre en question. >> C'est encore cela le Dakar pour Daniel. En tout cas, cela n'a jamais été l'aventure.

 

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